Des grives aux merles

Des grives aux merles

Divers.


Reliques du passé: 2- Lambesc (13).

19 juillet 2018.

Température étouffante l'après-midi.

Reste le soir, disons à partir de 18 h 30, pour pouvoir bouger un peu.

Ce soir là, petite balade dans une pinède au nord de Lambesc et une découverte inattendue:

 

Font d'Arles a.jpg

 

Murs et couverture en pierre de Rognes, porte de fer, noyé dans les pins qui l'enserrent de tous cotés, il a encore fière allure.

Son éloignement des chemins lui a évité d'être vandalisé. La serrure, bien sûr, a été forcée.

Poussons la porte, le plan est d'une rigueur géométrique.

Au fond, une cheminée, bien centrée, une tablette accrochée à la paroi de gauche et, contre la paroi de droite, une banquette pour s'allonger.

 

Font d'Arles f (Copier).jpg             Font d'Arles c (Copier).jpg


- les meurtrières: elles sont au nombre de 6. 
Deux devant, deux au fond, une à droite et une à gauche.

Les ouvertures sont taillées à même la pierre, ébrasées vers l'extérieur et obturées de l'intérieur par un système de volet métallique.

On notera que meurtrières et volets sont numérotés de 1 à 6 (peinture au pochoir).

On notera également que, parfois, les numéros des volets et des meurtrières ont été intervertis.

 

Font d'Arles d (Copier).jpg Font d'Arles g (Copier).jpg Font d'Arles h (Copier).jpg


Il s'agit, à n'en pas douter, d'un poste "bourgeois" qui a dû, en son temps, coûter assez cher à son propriétaire.

Tout laisse à penser qu'il était une "dépendance" du très joli cabanon et de sa source captée situés à une centaine de mètres de là.

Datation possible: fin XIXe - début XXe siècle.

 

Nota 1: ce poste fera l'objet d'un examen plus détaillé, à l'occasion d'une prochaine visite (à suivre, donc...).

 

RG


 

Nota 2: Il existe, sur le territoire de la commune de Lambesc au moins un autre poste de chasse bourgeois.

On pourra lire avec intérêt l'excellente étude de J-P Guillet publiée en 2012 sur le site "Architecture vernaculaire" et intitulée: "Un poste de chasse bourgeois à Lambesc (Bouches-du-Rhône)". 

Lien: https://www.pierreseche.com/AV_2012_guillet.htm

 


 

 21 juillet 2018 au matin.

Comme prévu, retour sur le terrain.

D'abord, prises de mesures:

- Façade: largeur 2,28 m; hauteur au faîtage: 2,70 m; hauteur des murs latéraux: 2,10 m.

- Porte: 1,78 m x 0,70 m.

- Epaisseur des murs: 15 cm.

- Murs latéraux, longueur: 2,30 m

- Mur du fond: le poste est bâti sur la pente d'une colline qui a subi un décaissement, la partie émergeante ne mesure que 1,50 m au faîtage.

- Le toit: les lourdes dalles de pierre qui le composent sont soutenues par des poutrelles de fer bien corrodées par la rouille, un pin ayant pris ses aises sur la toiture, il est à craindre que l'édifice ne finisse un jour par s'effondrer (cf ci-dessous).

 

Le toit et l'arrière du poste (Copier).JPG   La charpente (Copier).JPG  Le pin en train de digérer le poste (Copier).JPG
 

- Meurtrières, toutes identiques, dimensions à l'extérieur: 37 cm x 20 cm; dimensions intérieures: 20 cm x 9 cm. Ces meurtrières sont munies intérieurement de glissières métalliques dans lesquelles coulissent des volets de fer. Le lit banquette (2 m x 0,50 m) est rabattable contre la paroi (cf ci-dessous).

 

Volet coulissant (Copier).JPG   La banquette-lit (Copier).jpg



Nous avions pris avec nous un détecteur de métaux dans l'espoir de trouver quelque douilles ou objets permettant de dater la construction. Espoir déçu, nous n'avons exhumé que des clous, des morceaux de fil de fer, les restes d'un petit sommier métallique (pour le siège sans doute), la gâche de la serrure, une petite cuvette et une poêle rongée par la rouille... 

 

RÉSULTAT DES FOUILLES_crop (Copier).jpg

 

Le mystère reste donc entier... pour le moment...

 

RG

 

 

 

 


21/07/2018
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Reliques du passé: 1- Montfavet (84).

Echoué au milieu des vignes et des champs à l'abandon, il dort depuis bientôt près d'un siècle...

Compte tenu de sa situation vers le sommet du coteau qui domine le Camp d'Aviation, de l'épaisseur de ses murs et de son toit, de ses meurtrières et du fait qu'il était à demi enterré, je l'avais considéré jusqu'à présent comme une sorte de blockhaus déguisé en cabanon (le toit de tuiles!) érigé par les Allemands durant la 2e guerre mondiale.

Erreur de ma part!!! C'est un membre de ce blog (Joël) qui a résolu l'énigme.

Il s'agit, en fait, d'un poste destiné à la chasse des petits oiseaux, construit au début du XXe siècle pour le Docteur Clavel, médecin à Avignon.

L'arbre de pose était un saule jaune (aujourd'hui disparu), "planté à contre-sens de la sève".

[question à Joël: ça signifie quoi exactement "planté à contre-sens de la sève" ?]

Bien sûr, la végétation environnante et les cultures ont changés. Le poste a été vandalisé, le sol retourné par les chercheurs de trésor (!), un gros pin a poussé tout contre le bâtiment. Seul demeure, à quelque distance, un énorme bloc de pierre percé d'un orifice, sans doute destiné à recevoir un arbret de pose (cimèu).

Tel quel, il demeure, témoin muet de la passion d'un homme pour un mode de chasse à jamais disparu.

 

RG

 

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Poste Clavel 2 (Copier).jpg

 

 

Poste Clavel 3 (Copier).jpg

 

Poste Clavel 4 (Copier).jpg

 

Poste Clavel 5 (Copier).jpg

 

Poste Clavel 7 (Copier).jpg

 

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A Joël, si tu me lis, je suis preneur pour tous compléments d'information sur le poste, sur le Dr Clavel, sur le propriétaire actuel et sur les cultures pratiquées à l'époque du Docteur.

Par ailleurs, il me faudra y retourner pour relever les dimensions de l'édifice ainsi que celles du bloc de pierre (avant que quelqu'un n'ait fait main basse dessus...)

 

RG

 

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21/06/2018
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La chasse des grives et le vent en Provence.

    la-rose-des-vents-de-provence (Copier).jpg

 

 

L'extrait ci-dessous, paru en 2002, est tiré de Ruralia, revue de l'Association des ruralistes français, sous le titre: 

 

LE VENT, L’AGRICULTEUR ET LE CHASSEUR. CONNAISSANCES ET MAÎTRISE DU VENT EN PAYS D’ARLES.

 

L'auteure en est Marie-France Gueusquin, chargée de recherches au Centre d'ethnologie française, CNRS (1992).

Ma sélection s'est portée, naturellement, sur ce passage bien précis (passion oblige!).

J'ajoute que, pour les lecteurs férus de Provence et de ruralité, le document mérite d'être lu dans son entièreté.

RG 

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  Le cadre géographique des données analysées ici se situe au nord-ouest du département des Bouches-du-Rhône,au débouché de l'étroit couloir rhodanien d’où un vent froid venu d’entre nord et nord-ouest (le mistral) s’engouffre toute l’année et dont il s’échappe avec une violence extrême. Ce vent, dont la particularité est de s’exprimer par bourrasques, peut atteindre des vitesses s’élevant jusqu’à 230 kilomètres par heure, pointe relevée au sommet du mont Ventoux en 1941...          

 

 ... En basse Provence, le mistral est l’élément météorologique dominant. Il est présent toute l’année, en toutes les saisons. Il peut souffler trois semaines d’affilée, et n’a pas d’heure pour surgir. Il se forme toujours en matinée pour atteindre son maximum aux alentours de midi et tomber en fin de journée, il se rétablit la nuit, mais avec moins d’intensité...

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... On le sait, le Provençal a le goût des oiseaux, et la grive fait partie du gibier le plus estimé. Elle arrive dans la région aux environs du 10 octobre. Les grives sont, avec le gibier d’eau — la Camargue n’est pas loin — des animaux très réceptifs aux aléas du vent, de ce vent qui détermine en partie les vols des oiseaux migrateurs ; de même que le froid : “un bon coup de vent de nord-est on le souhaite, ça fait descendre les canards”. La grive se chasse l’hiver, en solitaire ou à deux, selon trois méthodes : “à la haie”, “à la passée du soir” et “au poste”. Seuls les deux premiers procédés accordent au mistral un rôle favorable. La chasse dite “à la haie” consiste, le matin, pour les deux protagonistes, à se tenir de chaque côté d’une bordure de champ tout en déambulant du même pas, le plus feutré possible, de façon à pouvoir surprendre l’oiseau au moment de son envol. Considérée comme difficile, cette chasse, qui s’adresse à de bons tireurs, nécessite le mistral dès lors qu’il atténue le bruit d’approche des deux hommes. Pour la “passée du soir”, une chasse en solitaire qui prend place environ une heure avant le coucher du soleil, au moment où l’oiseau s’apprête à trouver un abri pour la nuit, quelques bons coups de vent contribuent à le faire “ monter ” moins rapidement et d’être ainsi mieux à la portée du chasseur. L’expression “monter avec le vent” signifie voler face au vent et s’adresse tant aux grives qu’aux canards, en fait à tous les migrateurs. La chasse dite “au poste” est la plus pratiquée dans la région. C’est une chasse ancienne, traditionnelle en Provence, qui implique l’emploi de petites cages de bois (une douzaine environ par chasseur) que chacun transporte “selon sa propre manière”. Chaque cage contient une grive vivante destinée à servir d’appelant. L’ensemble des cages et des appelants constituent une “batterie”, et pour le chasseur avoir “une bonne batterie” c’est posséder un nombre suffisant d’appelants. Chacun part le matin, sans chiens, “à la pointe du jour”, muni de ses cages, rejoindre son poste de tir, choisissant de préférence un temps calme, plutôt nuageux, avec un peu de gelée blanche. Le choix du lieu pour la réussite de la chasse au poste est décisif. Le premier critère avancé est, d’une façon générale, la direction et la force du vent en début de saison, puisque chacun sait que le vent influence les principaux passages de migration. On comprendra combien il est souhaitable de posséder un poste situé au carrefour de ces grandes trajectoires. La deuxième condition est de disposer d’un endroit réunissant suffisamment d’arbres pour constituer ce que l’on appelle une “cabane” *. Il est possible d’avoir plusieurs “cabanes”. En toutes saisons, le chasseur prend soin de sa “ cabane ”, il taille les arbres et les arbustes à une certaine hauteur, aménage les lieux de pause. Puis, il installe ses appelants en cercle autour des arbres en fonction de la direction du vent, quitte à les changer de place si le vent a tourné dans la nuit. Mais certains chasseurs, propriétaires de terrains adaptés, possèdent plusieurs postes : “ il y a des coins meilleurs que d’autres, moi par exemple, j’en ai un vers la Durance et un aux palunettes qui est bien abrité ; les vents ne sont jamais bons pour la chasse "au poste", on s’en accommode, mais ce n’est pas un bon jour de chasse, les oiseaux ne se posent pas aussi tranquillement et les appelants ne chantent pas ”.

Autrefois, les appelants, ces leurres vivants, étaient capturés au moyen de grands filets de plusieurs mètres de long appliqués face aux arbres, que l’on battait vigoureusement à l’aide de cannes de roseaux ; apeurés, les oiseaux se précipitaient dans le piège. Cette technique porte le nom de “ fanfare ” à cause du tohu-bohu provoqué. Apparentée au braconnage, elle est interdite depuis les années soixante-dix. Les anciens qui faisaient le filet ont d’ailleurs disparu : “ en l’espace d’une dizaine d’années les choses se sont perdues, plus personne n’est là pour montrer et comme c’est interdit... ”. La glu ** remplace désormais le filet pour prendre les appelants, mais n’est autorisée que sur une courte période de deux heures par jour. “ C’est pas compliqué, c’est un système qui s’organise avec des baguettes de bois recouvertes de glu, les gluaux, que l’on installe en équilibre sur une branche pour que, au moment où l’oiseau va se poser, clac ! il se colle. Après, avec de la cendre, on lui frotte les plumes pour le nettoyer, on ne tue jamais l’oiseau pris de cette façon, gardé vivant il nous servira d’appelant ”. Les jours de grand vent sont considérés comme néfastes. Les gluaux, secoués tombent au sol, empêchant les grives de venir s’y coller. Un autre moyen d’appâter les grives consiste à utiliser des simulacres en matière plastique achetés dans le commerce. De la même façon que pour les appelants, le chasseur fixe le simulacre “ bec au vent ”. Cette orientation est celle adoptée par tous les oiseaux qui n’aiment pas avoir leurs plumes retroussées. Cette manière de faire évite à l’oiseau convoité d’être sur ses gardes : “ on les installe le plus haut possible dans les arbres, qu’ils soient bien face au vent, qu’ils dominent l’endroit où les grives se poseront ”. L’ “appel” est ici strictement visuel, la grive, rassurée, croyant reconnaître un de ses congénères au repos, s’apprête à venir le rejoindre. L’utilisation d’un instrument (sifflet) capable d’imiter le chant des oiseaux pour mieux les attirer ne semble pas avoir cours dans la région, comme il est d’usage dans le Var ou le Vaucluse...

 


 

Notes de l'auteur:

 

* On appelle “ cabane ” un espace formé d’un groupe d’arbres taillés de façon particulière, de telle manière que chacun compose un support de verdure enchevêtrée dans lequel aucun oiseau ne puisse pénétrer ; n’offrant surtout aucune branche dénudée où ils puissent se poser en dehors des baguettes engluées. Au centre de la “ cabane ” est installé l’abri du chasseur.

 

** La glu est une substance collante qui adhère aux plumes et aux pattes des oiseaux. Elle se composait autrefois des écorces de houx et de gui. Depuis le début du siècle, la glu est un mélange d’huile de lin et de résine que l’on fait bouillir longuement. On étale la glu sur des baguettes appelées gluaux que l’on dispose aux endroits adaptés pour recevoir des oiseaux. L’origine, ou au moins la pratique, gréco-romaine de ce procédé de capture du gibier à plumes est attestée dans beaucoup d’ouvrages, notamment dans : PLUTARQUE, Vies parallèles, édition de J. Alexis Pierron, Paris, G. Flammarion, 1995, p. 243.

 

 


 

 

Lien:   http://journals.openedition.org/ruralia/300


01/04/2018
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"Turdus ipse sibi malum cacat."

La grive draine (Turdus viscivorus)  est également appelée grive du gui car elle ingère les baies de cette plante dont elle raffole. 

Les graines, non digérées, sont expulsées avec les fientes et germent là où elles tombent, contribuant ainsi à la dissémination de cette plante parasite.

Or, les baies du gui étaient autrefois utilisées pour fabriquer la glue.

D'où ce proverbe de l'Antiquité: "Turdus ipse sibi malum cacat".

Ce qui signifie:"la grive chie elle-même son propre malheur".

 

RG


05/02/2017
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La légende des grives saoules.

 

La grive musicienne est friande des raisins oubliés par les vendanges: de là est née la légende viticole des grives saoules pour avoir trop ingéré de raisins mûrs. La grive, une gloutonne alcoolique ? Voici ce qu'en dit Jean-Jacques Brochier dans son "Anthologie du Petit Gibier ":

 

« La meilleure est la grive de vigne, ou musicienne, c’est elle qui chante le mieux.

Particulièrement à l’époque des vendanges, quand elle se gorge de raisins bien

mûrs, qui la rendent pompette. De là la légende de ces grives saoules qu’on

poursuivait entre les rangs de vigne et qu’on prenait à la main, ou d’un revers de

casquette, treize à la douzaine. On a lu ça cent fois dans les livres, mais que celui

qui a assisté personnellement à la chose me fasse signe. Je promets de le régaler

d’une fricassée dont il se souviendra. Dans les mêmes livres, on dit aussi que les

grives s’abattaient en si grand nombre sur les ceps qu’il fallait battre le tambour jour

et nuit pour sauver la vendange. »

 

 

Source : http://disvin.canalblog.com/archives/2014/07/09/30218369.html


01/02/2017
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