Des grives aux merles

Des grives aux merles

CHASSES DE PROVENCE, J.-B. Samat (Laffitte Reprints), réimpression de 1896

Jean-Baptiste Samat est né en 1865 à Marseille. Directeur du "Petit Marseillais", il était journaliste, historien et écrivain. Auteur de Chasses de Provence, il écrivit également de nombreuses monographies, aujourd'hui très recherchées et cotées en éditions originales (éditées par Manufrance): Les chiens de chasse; le gibier; les ennemis du gibier; etc... Décédé en 1930.

RG

…bien avant le jour, il ( le chasseur) est sur pied, la lanterne à la main, ses cages sur le dos, il va au poste ; sans bruit il accroche ses cages aux troncs des arbres ou sur les poteaux, en ayant soin de les mettre chacune toujours à la même place, la mangeoire tournée du coté de l’arrivée. Puis, il s’enferme dans sa cabane, et là, tranquille et immobile, il fouille la profondeur de la nuit, cherchant à percevoir un bruit, un cri, un bruissement d’ailes qui lui annonce une victime.
Le chasseur ne s’assoit pas, il ne bouge pas, il regarde tout le temps, à terre, sur les arbres, aux cimeaux, selon l’heure et le temps. Il sait que lorsque la grive est posée, elle ne remue plus, si ce n’est pour partir. Il doit donc la deviner avant qu’elle n’arrive, en l’entendant chanter dans le lointain ;
Mais chut ! ça a chiqué, fztt…fztt-fztt…fztt…fztt…fztt…frrr… la voilà, droite raide, le cou tendu, sur la partègue, immobile comme quelqu’un que la peur transit. Alors lentement, bien lentement, le chasseur allonge le bras, fouillant le vide du bout des doigts, il atteint son fusil ; il l’attire, doucement, le met en joue avec mille précautions. Tout cela sans le moindre bruit, ou sinon gare ! frrrt… un coup d’aile, un cri d’effroi, et la voilà partie…. 



06/09/2015
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