Des grives aux merles

Des grives aux merles

Divers.


"Turdus ipse sibi malum cacat."

La grive draine (Turdus viscivorus)  est également appelée grive du gui car elle ingère les baies de cette plante dont elle raffole. 

Les graines, non digérées, sont expulsées avec les fientes et germent là où elles tombent, contribuant ainsi à la dissémination de cette plante parasite.

Or, les baies du gui étaient autrefois utilisées pour fabriquer la glue.

D'où ce proverbe de l'Antiquité: "Turdus ipse sibi malum cacat".

Ce qui signifie:"la grive chie elle-même son propre malheur".

 

RG


05/02/2017
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La légende des grives saoules.

 

La grive musicienne est friande des raisins oubliés par les vendanges: de là est née la légende viticole des grives saoules pour avoir trop ingéré de raisins mûrs. La grive, une gloutonne alcoolique ? Voici ce qu'en dit Jean-Jacques Brochier dans son "Anthologie du Petit Gibier ":

 

« La meilleure est la grive de vigne, ou musicienne, c’est elle qui chante le mieux.

Particulièrement à l’époque des vendanges, quand elle se gorge de raisins bien

mûrs, qui la rendent pompette. De là la légende de ces grives saoules qu’on

poursuivait entre les rangs de vigne et qu’on prenait à la main, ou d’un revers de

casquette, treize à la douzaine. On a lu ça cent fois dans les livres, mais que celui

qui a assisté personnellement à la chose me fasse signe. Je promets de le régaler

d’une fricassée dont il se souviendra. Dans les mêmes livres, on dit aussi que les

grives s’abattaient en si grand nombre sur les ceps qu’il fallait battre le tambour jour

et nuit pour sauver la vendange. »

 

 

Source : http://disvin.canalblog.com/archives/2014/07/09/30218369.html


01/02/2017
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La communion de la grive.

  

Je veux vous conter un miracle, qui me fut conté à moi-même par un vieux prêtre, ami de saint François d’Assise, auquel l’histoire est arrivée.

Un matin de Noël, alors qu’il était jeune encore et vicaire à Saint-Thomas-d’Aquin, il se demanda, en s’éveillant, quelle bonne action il pourrait faire pour sanctifier cette journée. Et tout de suite s’offrit à ses yeux une maison sordide, que la pioche des démolisseurs aurait dû depuis longtemps jeter bas, mais qui, par un défi à l’urbanisme et à l’hygiène, s’obstinait à rester debout au milieu des bâtisses neuves qui l’étouffaient de toutes parts.

Là vivait sous les toits, au fond d’un long couloir obscur, une vieille impotente, qu’il visitait de temps en temps pour lui porter la communion. Prisonnière dans sa chambre, sans parents, sans amis, elle n’avait d’autre distraction qu’un oiseau de l’espèce qu’on appelle grive musicienne, et qu’elle chérissait tendrement. « Que deviendrais-je, monsieur l’abbé, disait-elle chaque fois que le vicaire venait la voir, si je ne l’avais pas ! C’est mon petit ami, c’est mon ange gardien ! » La porte de la cage était toujours ouverte, et l’ange gardien voletait ici et là, en liberté.

Mais pour aller chez cette bonne femme, il fallait monter quatre étages d’un infect escalier, où d’horribles odeurs se succédaient, sans se mêler, comme autant de barrages, dont le dernier semblait encore plus immonde que celui qu’on venait de traverser. Grimper cet escalier quand on était à jeun (et c’était le cas du vicaire lorsqu’il allait accomplir son office), rien que cette idée-là lui mettait le cœur sur les lèvres. « J’ai tant de choses à faire ce matin ! » se dit-il à lui-même pour se donner une raison de remettre à plus tard la bonne inspiration qui lui était venue tout à l’heure. Mais chassant aussitôt sa mauvaise pensée, dès qu’il eut dit sa messe, il quitta la sacristie, emportant avec lui ce qui lui était nécessaire pour communier la paroissienne à l’oiseau.

Au bas de l’escalier, les infectes odeurs l’attendaient, et dans l’humide et glaciale obscurité qu’éclairaient mal, même en plein jour, des papillons de gaz, elles l’accompagnèrent jusqu’au dernier étage. La tête commençait à lui tourner quand il frappa à la porte de la vieille.

– Entrez, monsieur l’abbé ! cria-t-elle, car elle l’espérait ce jour-là, et l’avait reconnu rien qu’à sa manière de frapper.

Après avoir échangé sur le temps, leur santé et celle de l’oiseau, les propos dont ils avaient l’habitude, le vicaire la confessa, ce qui prit plus de temps qu’on aurait pu l’imaginer, étant donnée sa vie recluse. Mais ceux qui vivent seuls finissent par avoir une adresse incroyable à se faire des scrupules à propos de tout et de rien. « Encore si cette virtuosité, se disait à part lui l’abbé (tout en se reprochant cette réflexion un peu frivole), encore si cette virtuosité avait quelque intérêt ! Mais il faut bien avouer qu’il y a des péchés intéressants et d’autres qui ne le sont guère, et malheureusement, les pécheurs les plus bavards sont ceux qui n’ont rien à vous dire... »

Cependant, de faute en faute, de crime en crime, et de fil en aiguille, la bonne vieille étant arrivée au bout de son rouleau, le vicaire se mit en devoir de lui donner la communion.

Elle était devant lui, assise sur sa chaise, car elle ne pouvait s’agenouiller, et déjà le vicaire lui posait l’hostie sur la langue en prononçant les paroles rituelles, quand tout à coup la grive, qui jusque-là s’était tenue tranquille dans un coin de la pièce, se jeta d’une aile rapide sur le pain consacré, en prit un morceau dans son bec et revint se poser sur sa cage.

– Jésus-Marie ! cria la vieille en manquant s’étrangler avec le reste de l’hostie. Elle a mangé le corps de Dieu !

Et oubliant du coup sa tendresse pour la pauvre bestiole :

– Il faut la tuer, monsieur l’abbé ! Il faut la tuer !

– La tuer ! Y pensez-vous ! répondit le vicaire. Tuer cette pauvre bête du bon Dieu juste au moment où elle vient de voler vers son Créateur et de faire sa première communion !

Et jetant les yeux sur la cage que la concierge, qui rendait de menus soins à la paralytique, avait sans doute oublié de garnir ce matin :

– Cette bête a faim, reprit-il. Après ce festin spirituel, donnons-lui quelque nourriture terrestre... Je vais et je reviens.

Il sortit, et reparut quelques instants plus tard, avec du mil, du chènevis et quelques feuilles de salade.

– Et voilà le miracle ! ajoutait-il en finissant. Ni ce jour-là, ni jamais plus, je n’ai senti l’odeur de l’escalier.

Lecteur, tu demandes peut-être où est la Vierge dans ce conte. Je te réponds : Elle est partout où est la poésie.

 

 

Jérôme et Jean THARAUD, Les contes de la Vierge, Plon, 1940.


22/09/2016
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L'appeau d'Ecouille, qu'en a-t-on fait?

Membre distingué du blog "des grives aux merles", Christian G. m'a aimablement communiqué le texte qui suit.

Utilisateur talentueux d'appeaux de toute sorte, sous-secrétaire-adjoint du Chilet's Band d'Alès-en-Cevennes, il souhaitait que toute la lumière soit enfin faite sur une expression populaire qui trouve son origine  dans les traditions cynégétiques les plus anciennes.

Je lui cède donc la parole.

RG

   

 

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Voilà donc la très véridique histoire d'une expression connue de tous, mais très souvent mal orthographiée...

 

  

Par un beau jour d'automne 1820, le duc de Mirnouf, passionné par la chasse mais frustré par le maigre gibier qu'il ramenait de ses pérégrinations forestières, imagina qu'il devait être possible de fabriquer un outil apte à lui faciliter la tâche et rendre plus plaisante sa traque des animaux.
Il convoqua tous les artisans de la contrée pour mettre au concours la concrétisation de cette idée et leur laissa deux mois pour fabriquer le plus inventif et le plus efficace des appareils.
A peine une semaine plus tard, un marchand du nom de Marcel Écouille,  se présenta au château clamant à qui voulait l'entendre qu'il possédait ce dont le duc rêvait. Il obtint sans peine une audience auprès du noble seigneur et s'empressa de lui faire la démonstration de sa merveille.
Devant une assemblée dubitative mais curieuse, il sortit de sa poche un minuscule sifflet (un appeau) et le porta à la bouche pour produire un son  strident qui aussitôt imposa le silence parmi les personnes présentes.
A peine quelques secondes plus tard, des dizaines d'oiseaux de toutes sortes s'étaient approchés et virevoltaient autour de lui, comme attirés et charmés par cette étrange mélodie.
Le duc imagina sans peine le profit qu'il pouvait tirer d'un tel accessoire lors  des ses futures chasses. 
Il s'éclaircit la gorge et ne prononça qu'une seule phrase :
 - Combien cela va-t-il me coûter?
Marcel Écouille, sûr de lui, répondit qu'il accepterait de se séparer de son objet en échange de la moitié de la fortune de son interlocuteur !

Cette requête fit sourire l'assemblée mais le duc garda tout son sérieux et accepta la transaction.
La nouvelle fit grand bruit et se répandit vite bien au delà des limites du duché.

Un marchand avait vendu un sifflet pour une somme astronomique au Duc qui en paya le coût sans broncher.

  
Ainsi, cette anecdote a subsisté dans la langue française pour qualifier les objets hors de prix : "ça coûte l'appeau d'Écouille" et non pas "la peau des couilles".

Un peu de culture, ne peut pas faire de mal.  

N'oublions pas : la culture c'est un peu comme la confiture, moins on en possède plus on l'étale....

 

 

flute01.jpg

 

 -<o>-


17/09/2016
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