Des grives aux merles

Des grives aux merles

 

Provençal de naissance et de souche, je suis né et j’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans un petit village du Vaucluse.

C’était la campagne : des prés et des vergers irrigués par une multitude de canaux et de fossés et des collines couvertes de vignes.

Le remembrement et l’urbanisation forcenée n’étaient pas encore passés par là et le territoire était quadrillé de haies fournies et parsemé de petits bois et de bosquets.

J’ai découvert la Chasse à l’âge de 6 ans.

Oh, pas la « grande » chasse aux lapins et lièvres avec des chiens courants ni la chasse des perdreaux et faisans avec des chiens d’arrêt. Mais simplement celle à laquelle se livrait mon père.

Armé d’une carabine de calibre 9 mm, à percussion annulaire, il pratiquait « l’approche » aux pinsons, gros-becs et autres moineaux.

Et moi, je le suivais comme son ombre en évitant de faire le moindre bruit.

Je jouais le rôle du chien de rapport et m’enivrais de l’odeur de la poudre noire en humant avec délices le parfum des douilles encore chaudes.

Compte tenu de l’armement qui était le sien, de la portée de la carabine et de la minuscule charge de plombs, mon père ne pouvait prétendre qu’au tir des petits oiseaux posés et encore, à courte distance.
Or, il advint qu’un jour, favorisé par une chance insolente, il réussit à tirer un oiseau qui me parut beaucoup plus gros que les autres.

Je me précipitai pour le lui rapporter.

L’oiseau gisait sur un tapis de feuilles mortes, sur le dos, les ailes écartées, exposant un plumage blanc délicatement moucheté de brun sur la poitrine. Seules quelques gouttes de sang de couleur rubis ponctuaient l’harmonie de sa livrée couleur d’automne….

Il était lourd et chaud dans ma main d’enfant tandis que je le rapportai fièrement à mon père.

« C’est une grive » dit-il…

Cette grive là allait être à l’origine d’une passion qui ne me quitterait jamais et qui, aujourd’hui, à 68 ans perdure toujours, plus forte et envoutante que jamais.

La passion des grives ! Les voir, les entendre, les guetter, les chasser, les admirer en dessins, gravures, photos, peinture, mais aussi les cuisiner et les savourer.

Une passion pour cet oiseau.

Mon oiseau-roi à qui je dédie ce blog.

RG

 

 

 

 

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