Des grives aux merles

Des grives aux merles

De la vie à la mort.

   A une époque où l'on voit se multiplier les attaques directes contre la chasse de la part des professionnels de l'écologie politique, la désinformation de l'opinion publique par des médias noyautés par les associations anti-chasse, anti-spécistes ou véganes , il est réconfortant de découvrir un concept de l'écologie différent de la "pensée unique" qui nous est infligé par EELV et consorts.

   Le passage qui suit est extrait de "Discours sur l'éco-humanisme" de Marc CARL.

   Bonne lecture ... à méditer.

 

RG

 

 

   L'humain est un primate plus évolué que les autres primates. Et un primate particulièrement agressif. Mais il n'a pas la puissance physique, les dents, les griffes, les cornes ou le poison de ses nombreux voisins animaux. N'ayant pas de telles armes naturelles intrinsèques, il a du utiliser des moyens extrinsèques pour survivre, et notamment pour se défendre. Son adaptabilité et son intelligence lui ont permis de tirer collectivement profit de son environnement dans ce but.

Il est clair que l'animal humanisé n'a pu survivre et se développer que collectivement, en mobilisant sa conscience et son intelligence, sous la protection des équipements qu'il a su fabriquer, et en contrôlant socialement son agressivité. Sa force est venue de la qualité de son organisation collective, et de ses moyens spécifiques, notamment de sa science et de sa technologie, ou en d'autres termes de son savoir et de ses outils, dont les armes, outils particuliers.

   Au cours du temps et de son évolution, pour se protéger et se nourrir, l'être humain primitif est devenu chasseur, par nécessité. Chasseur de plus en plus efficace, il s'est nourri de protéines diversesqui ont favorisé le développement de son organisme et notamment de son cerveau. Son cerveau plus performant a été capable d'imaginer de nouvelles attitudes, de nouvelles rechniques et de nouvelles armes de défense et de chasse, et ainsi de suite. En apprenant à se défendre contre leurs prédateurs animaux, puis contre les êtres les plus dangereux de leur environnement - leurs propres congénères - les Hommes ont finalement mis au point des armes et des comportements de plus en plus efficaces. Ainsi, depuis des dizaines de millénaires, la chasse s'est inscrite dans l'inconscient collectif de l'espèce humaine, comme une activité qui a accompagné et favorisé son évolution et sa survie.

   A notre époque, l'Homme n'est plus simple chasseur, dans la mesure où il ne chasse plus simplement par nécessité. Au fil du temps il est devenu de plus en plus régulateur, et de moins en moins simple chasseur. A-t'il encore besoin de chasser pour vivre ? Dans certaines situations, notamment accidentelles, l'homme peut encore avoir besoin de tuer des animaux sauvages pour se protéger ou se nourrir. Mais par une chasse limitée, il peut aussi participer utilement à la régulation naturelle. En fait, la chasse est restée profondément ancrée dans l'inconscient collectif.

   Beaucoup d'humains pensent encore qu'il est nécessaire pour eux de conserver leur culture de chasseurs, avec un savoir-faire, des moyens, un entraînement, améliorés de génération en génération. C'est une expression essentielle d'un besoin de liberté et de sécurité. Jadis, l'entrainement des chasseurs a été utile aux guerriers. Mais la chasse ne débouchant plus sur la guerre, l'esprit, les buts et les moyens, sont devenus différents. Une chasse limitée reste plutôt un moyen pour l'humain moderne de garder le contact et le sens de la vie naturelle, alors qu'il s'en éloigne beaucoup en vivant dans un cocon technologique et dans un cadre urbanisé. Il veut instinctivement continuer à connaître assez la nature sauvage pour rester capable d'y évoluer en sécurité.

   En participant activement, sur le terrain, au maintien d'équilibres naturels importants, il s'oblige donc à garder un contact utile avec les autres espèces. Tant qu'à réguler, il n'est pas anormal que l'espèce la plus évoluée en aie pris la charge, étant capable de s'acquitter de mieux en mieux. Faut-il réguler ? Oui, sachant qu'aujourd'hui plus qu'hier, l'humain provoque un tel impact sur son environnement qu'il doit en gérer au mieux les formes et les conséquences. Il gagne par exemple à éliminer des animaux malades, ou dangereux pour leur propre espèce, pour d'autres espèces, et pour l'environnement commun, local ou global. Niant abruptement ces évidences, certains humains modernes veulent pourtant empêcher leur propre espèce de chasser, prétendant que tous les animaux ont le droit de vivre et qu'aucune espèce n'a le droit d'en tuer une autre.

   Sans préciser s'il faut supprimer aussi les abattoirs et les boucheries, qui banalisent un véritable holocauste animal permanent. Et puis, quel droit ? En caricaturant, est-ce qu'un tigre, un crocodile, ou un requin, se soucient d'un droit pour manger la chair d'une proie ? Le droit et l'éthique sont des préoccupations humaines qui ne concernent et qui n'ont de sens qu'entre humains. Et si la sensiblerie de certains humains les amenait à vouloir codifier artificiellement la prédation sur terre, ils ne pourraient pas ignorer que la chasse humaine par des armes modernes est plus rapide et moins violente que la chasse naturelle exercée par la plupart des animaux prédateurs, dont beaucoup prennent le temps de déchirer et de dévorer leurs proies encore vivantes.

   Tuer gratuitement, sans nécessité, est effectivement anormal, voire anti-naturel. Mais toutes choses étant relativisées, il est sûrement moins anti-naturel de bien chasser que d'élever massivement d'innombrables animaux de boucherie, esclaves de l'espèce humaine, qui sont tués misérablement, après avoir été déformés génétiquement et élevés en installations surveillées, souvent concentrationnaires. Il est plus facile d'échapper au chasseur qu'au boucher.

   Par ailleurs, il y a aussi un scandale dans l'expérimentation technologique ou médicale sur des animaux. Là où l'on dissèque un mollusque, on torture un mammifère. Trop souvent des expérimentations ne sont ni utiles ni nécessaires, et remplaçables désormais par des modélisations informatiques et des cultures artificielles de tissus et d'organes. L'insensibilité à la souffrance et le voyeurisme malsain de certains opérateurs est condamnable. S'il y a quelque part massacre et holocauste d'animaux, là non plus ce n'est pas du fait des chasseurs.

   L'humain étant devenu collectivement spécialiste de la tuerie massive et du système concentrationnaire, mieux vaut favoriser que combattre ce qui peut permettre de réconcilier culturellement, éthiquement, l'individu libre et la nature ...



06/06/2016
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